D'un œil mauvais j'avisais cette chaise, qui dans mon salon joli, me narguait depuis maintenant des décennies.

Elle me venait d'une grand-tante, sœur préférée de ma grand-mère.

En ces temps de confinement forcé, dans cette maison isolée au cœur de la Normandie où j'avais cru bon de me soustraire au monde pour écrire, l'homme jeune encore que j'étais ressentit une bouffée de révolte.

Ainsi, contrairement à mes certitudes, l'isolement total ne provoquait pas en moi le jaillissement de la pensée que j'attendais.

Ainsi, contrairement à mes certitudes, la solitude me pesait.

Ainsi, contrairement à mes certitudes, le commerce des hommes me manquait.

Et cette chaise Napoleon III me narguait. Elle, elle était ! sereine, paisible, présente, indifférente aux turbulences du monde. Alors, d'un geste fou j'en brisais deux barreaux pour que cette chose inanimée participe à la douleur environnante.

NB

 

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