Père, je ne t’ai pas dit au revoir.
La maladie t’a emporté,
Et je ne t’ai pas dit combien je t’aimais.
Loin de moi,
Dans un hôpital anonyme,
Tu as longtemps lutté.
Puis tout s’est arrêté,
Ton souffle douloureux enfin apaisé.

Nous avons entrepris notre dernier voyage,
Toi, vers des rives inconnues,
Peut-être accueillantes,
Moi venant vers ce qui reste de toi
Et que je ne pourrai étreindre.

Au long de tous ces kilomètres
Qui s’égrènent en route monotone,
Je songe à nos moments heureux,
Ignorants étions-nous du bonheur de les vivre.

Je songe à nos derniers adieux,
Nous ne le savions pas.
Dernier été ensoleillé.
Ton bras levé, ton au revoir,
Au bout du chemin qui s’éloigne.
Ton beau visage de chagrin
Au tournant de la route,
Et tu as disparu.

Point de cérémonie ni de dieu consolant
Dans ce petit cimetière de village
Où, en bien piètre assemblée,
Nous sommes réunis.
La tête me tourne,
Tout va si vite,
Quelques sourires entre les larmes.
Ma voix, étrangère à moi-même,
Etrangement résonne :
« On ne peut pas te laisser partir ainsi… »

Et puis le silence,
La maison fraîche plongée dans la pénombre
Où, prostrés, nous cuvons notre chagrin.
Sans deuil.
Sans fin.

Bientôt, mon père,
Je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de genêts
Et tous mes mots d’amour.

Patricia Lemaire
7 avril 2020

 

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